
La pittoresque ville de Speightstown est située à 19 kilomètres de la capitale dans la paroisse de St. Peter, qui se trouve au nord de l’île. Elle a été fondée en 1630 et est la deuxième plus grande ville de la Barbade. Elle doit son nom à William SPEIGHT, un riche commerçant et ancien propriétaire du terrain où se trouve la ville. M SPEIGHT fut membre de la première Assemblée de la Barbade au début de la colonisation anglaise.
Un peu d’histoire
Speightstown fut un port maritime et une zone commerciale majeure. Des bateaux chargés, initialement de tabac et de coton, et plus tard de sucre, quittaient la Barbade en direction de Londres ou de Bristol. En fait, Speightstown avait même été surnommée « Little Bristol », reflétant ainsi l’importance des liens commerciaux entre la ville et le port anglais. Plus tard, les cargaisons destinées à l’étranger seront des esclaves africains.
Cependant, toutes les activités portuaires n’étaient pas liées à l’export. La ville était aussi au cœur du transport maritime local, avec des goélettes qui transportaient les gens et les aliments entre Bridgetown et Speightstown. Il fallait compter un voyage de 45 minutes seulement. D’ailleurs, de nos jours, les gouvernements successifs parlent ponctuellement de rétablir ce système de navette maritime entre les deux villes, mais jusqu’ici il n’y a pas eu de suite. Dommage.

Speightstown était également une ville-forteresse dotée de six forts. Elle se trouvait au centre de l’insurrection de l’île en 1649 quand Charles 1er fut exécuté. L’Assemblée barbadienne demeurait royaliste et rejetait Oliver CROMWELL en tant que Seigneur-Protecteur. Alors, ce dernier a envoyé une flottille de sept bateaux sous la commande de George AYSCUE pour supprimer l’insurrection. Mais le gouverneur de l’île, Lord WILLOUGHBY, avait fait construire de nombreux forts tout au long des côtes sud et ouest. Ainsi, les royalistes barbadiens ont pu empêcher AYSCUE et ses 2.000 compagnons de débarquer sur l’île pendant plusieurs mois.
De nos jours
Le caractère de Speightstown actuel est reflété dans son architecture. On y trouve des immeubles historiques – essentiellement sur Queen Street, Church Street et Orange Street – datant du début de la colonisation, juxtaposés aux plus modernes.
À titre d’exemple, les immeubles en bois à étages qui parsèment encore les rues de la ville et côtoient les constructions plus modernes que représentent les hôtels et autres demeures, tantôt luxueux tantôt plus modeste.
Comme ce fut le cas à Bridgetown, à l’origine, ces maisons à deux étages ou plus faisaient double office de résidence familiale et lieu commercial, un phénomène très répandu à la Barbade à une certaine époque.
Certaines de ces résidences ont été soigneusement restaurées ; Arlington House en est un remarquable exemple. Jadis voué à la démolition, cet ancien magasin d’accastillage datant du XVIIIe siècle se distingue par son architecture, qui a servi de modèle aux maisons avoisinantes de la même époque.
Aujourd’hui, le bâtiment abrite l’un des meilleurs musées d’interprétation des Caraïbes anglophones. Réparti sur trois niveaux, il retrace l’histoire de la Barbade, de Speightstown, de l’industrie sucrière, ainsi que la vie sur l’île du XVIIIe au XXe siècle.

Par ailleurs, la ville et ses proches alentours gardent toujours leurs liens avec la mer. La pêche continue de jouer un rôle important et il y a deux marchés de poissons, dont un se trouve sur le site de l’ancienne forteresse « Orange Fort ». L’autre est située à Six Mens, un tout petit village de pêcheurs situé juste au nord de Speightsrtown.
Les activités portuaires demeurent aussi. En effet, deux ports de plaisance luxueux, où sont amarrés de nombreux yachts, ont été construits un peu au sud de Six Mens. Il faut avouer que le prolongement progressif de la côte de platine jusqu’à la paroisse de St. Peter explique la présence croissante de jouets impressionnants.

Une étonnante connexion hollywoodienne avec une touche française !
À la fin de sa brillante carrière à Hollywood, Claudette COLBERT, lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans It Happened One Night, choisit de s’installer à Speightstown.
Bien qu’ayant quitté la ville des studios, elle n’en délaissait pas pour autant la vie mondaine. Elle recevait régulièrement à la Barbade des amis célèbres, parmi lesquels l’ancien président américain REAGAN, ainsi que Frank SINATRA et Mia FARROW — venus savourer le charme discret de l’île à l’occasion de leur lune de miel — sans oublier des membres de grandes familles américaines de l’époque.
Née à Paris, elle resta toujours attachée à ses racines françaises, comme en témoigne le nom de sa demeure, Bellerive. Cette élégante propriété, issue d’une plantation du XVIIIe siècle, possédait une particularité rare : elle était la seule plantation de la Barbade située en bord de mer.
Elle avait ses routines quotidiennes, notamment, d’aller prendre l’apéritif à l’hôtel Cobblers Cove au coucher de soleil en compagnie de son lévrier. Et bien que l’hôtel soit à quelques mètres de Bellerive, elle s’y rendait dans son Volvo.
Aujourd’hui encore, la maison existe et se découvre à l’entrée de Speightstown, sur la gauche du rond-point menant à Queen Street. Claudette COLBERT s’est éteinte en 1996 à l’âge de 92 ans ; ses cendres ont été reparties entre New York et la Barbade. Sur l’île, elles reposent à côté de son mari et de sa mère Jeanne Chauchoin, au petit cimetière en face de Cobblers Cove et tout près de Bellerive. Ainsi, elle reste à jamais à proximité de ses deux endroits préférés.
À faire
Bien que Speightstown et ses environs immédiats conservent une atmosphère paisible, ils offrent néanmoins un bel éventail de restaurants, hôtels, villas, bars et boutiques. L’offre d’hébergement y est variée et s’adapte à tous les budgets.
Côté shopping, l’essentiel de l’activité se concentre sur Queen Street, artère principale et cœur commercial de la ville. Son nom rend hommage à Alexandra de Danemark, épouse du roi Édouard VII. Le seul lycée de la ville porte d’ailleurs également son nom.
Les boutiques, plus modestes que celles de Bridgetown ou de Holetown, n’offrent pas de ventes hors taxes. On y trouve toutefois une ambiance authentique, avec notamment des vendeurs de fruits et légumes installés en bord de route.
Ces dernières années, de nouveaux restaurants et beach bars tendance ont vu le jour, insufflant un vent de renouveau à la destination — une excellente raison d’en tester plusieurs lors de votre séjour.


