MUTUAL BUILDING

Bridgetown - monuments et sites historiques à voir - ville capitale - la Barbade - www.labarbade.com
L’imposant « Mutual Building » s’impose au nord de Broad Street, au cœur de Bridgetown

Bridgetown, capitale de la Barbade, peut s’enorgueillir de compter parmi ses rues certains des bâtiments les plus anciens des Caraïbes. L’un d’eux, situé à l’extrémité de Broad Street, est un édifice emblématique que les habitants continuent d’appeler le Mutual Building, bien que ce lien historique avec la société Mutual ait depuis longtemps disparu.

À l’origine, il portait le nom de Barbados Insurance Society Building, abritant la première compagnie d’assurance des Caraïbes. Fondée en 1840, cette société avait pour mission d’offrir un soutien financier aux propriétaires de plantations après l’émancipation des esclaves, en indemnisant les pertes perçues par les colons. Elle joua un rôle central en octroyant de nombreux prêts aux plantations locales.

Le bâtiment lui-même, construit en 1895, est un exemple remarquable d’architecture victorienne. Sa façade grise, rehaussée de dômes argentés et de finitions en fonte, lui confère une élégance certaine et participe au charme historique du centre-ville de Bridgetown, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Sa vaste véranda au premier étage, qui entoure presque entièrement le bâtiment, allie fonctionnalité et élégance. Au fil du temps, le Mutual Building a accueilli diverses activités commerciales, dont une banque, mais aussi le Bridgetown Club — un club privé réservé aux planteurs et marchands blancs richissimes jusqu’aux années 1950.

C’est sans doute à cause de ce dernier que le bâtiment avait été pris pour cible lors des émeutes travaillistes de 1937. Aujourd’hui disparu, le club est resté un espace exclusivement masculin jusqu’aux années 1980.

OLD TOWN HALL

Bridgetown-–-batiments-et-sites-historiques-a-voir-ville-capitale-la-Barbade-www.labarbade.com_.jpg
Des liens politiques entre le passé et le présent

Situé au nord de Bridgetown, Old Town Hall est l’un des édifices les plus emblématiques de la ville. Construit en 1730, il a abrité de nombreuses institutions majeures au fil des siècles. À différents moments de son histoire, il a servi de siège à l’assemblée parlementaire, de prison, de tribunal, ainsi que de Vestry — l’administration locale, à la fois laïque et ecclésiastique. Il devint plus tard le bureau du tout premier maire de Bridgetown.

Saviez-vous que la Barbade possède le troisième plus ancien parlement du Commonwealth, établi dès 1639, après le Royaume-Uni et les Bermudes ? Pourtant, ce parlement n’a pas eu de siège permanent pendant plus de 230 ans. Jusqu’en 1874, il se déplaçait d’un lieu à un autre — Old Town Hall étant l’un de ses points d’ancrage les plus importants.

Miraculeusement, ce bâtiment du 18ème siècle a survécu aux nombreux incendies qui ont dévasté Bridgetown, ainsi qu’aux puissants ouragans qui ont frappé l’île au fil des siècles. Le Parlement y a siégé pour la dernière fois en 1874. Deux ans plus tard, le gouverneur John Pope HENNESSY fit fermer la prison attenante en raison de ses conditions de détention inhumaines.

Old Town Hall est également lié à l’histoire politique contemporaine : c’est ici qu’Ernest Deighton MOTTLEY — grand-père de l’actuelle Première ministre Mia Amor MOTTLEY — siégea à la Vestry de St. Michael entre 1940 et 1959, avant de devenir le premier maire de Bridgetown la même année.

Longtemps laissé à l’abandon, le bâtiment a été restauré en 2003, préservant ses impressionnants murs d’origine au sud et à l’est. Il a ainsi retrouvé la splendeur de son architecture géorgienne, caractérisée par ses élégants escaliers, ses détails ornés et ses façades harmonieusement conservées.

Actuellement, Old Town Hall est un espace commercial, mais un ambitieux projet de réhabilitation prévoit d’en faire un centre culturel dynamique. Le gouvernement envisage d’y aménager une galerie d’art contemporain au premier étage, en tant qu’antenne de la Galerie nationale de la Barbade. Un centre d’accueil interactif pour les visiteurs est également prévu au rez-de-chaussée.

ST. MARY’S ANGLICAN CHURCH

Bridgetown – bâtiments et sites historiques à voir - ville capitale - la Barbade - www.labarbade.com
L’historique St. Mary’s Anglican Church

En face de lOld Town Hall se trouve St. Mary’s Anglican Church, qui occupe aujourd’hui l’emplacement de la toute première église de la ville autrefois connue sous le nom de Cathedral of St. Michael and All Angels, ou plus simplement St. Michael’s Cathedral. Édifiée en bois en 1641, cette première cathédrale fut rapidement jugée trop exiguë. En 1665, les autorités décidèrent donc de la déplacer.

Cependant, avant que ce projet ne puisse être mené à bien, l’édifice fut entièrement détruit par un ouragan dévastateur en 1780. Une nouvelle cathédrale, nettement plus vaste et plus impressionnante, fut alors reconstruite à son emplacement actuel.

Le terrain d’origine, quant à lui, demeura inoccupé pendant près de quarante-cinq ans. Il fut utilisé comme cimetière pour les personnes de couleur libres résidant à Bridgetown.

Samuel Jackman PRESCOD, premier homme de couleur élu à l’Assemblée législative de la Barbade, repose dans ce cimetière, ajoutant à ce lieu une forte portée historique et symbolique.

En 1825, la construction d’une nouvelle église fut entreprise. Cette fois-ci, l’église a été entièrement construite en briques de ballast, comme ce fut le cas pour de nombreux bâtiments de Bridgetown durant cette période de l’histoire de l’île. Achevée en 1827 puis consacrée, l’église se trouve sur le deuxième plus ancien terrain consacré de la Barbade, le plus ancien étant St. James Parish Church à Holetown.

À l’extrémité du cimetière se dresse un majestueux arbre à coton, tristement surnommé « l’Arbre de la justice », car il servait de lieu pour les pendaisons publiques. On raconte même que William TUFTON, un ancien gouverneur de la Barbade, aurait été fusillé sous cet arbre … un peu inattendu sur le lieu d’une église, certes, mais en tout cas, un rappel saisissant des pages sombres de l’histoire coloniale !

Dans un registre nettement moins macabre, les fonts baptismaux furent offerts en 1863 par John MONTEFIORE, marchand juif influent de l’époque. Il s’agit d’ailleurs du même bienfaiteur à l’origine de la célèbre Montefiore Fountain, autre élément emblématique du patrimoine de Bridgetown.

Malgré son histoire tumultueuse, St. Mary’s Anglican Church demeure l’une des églises barbadiennes les plus remarquables. Elle se distingue notamment par des proportions plus vastes et une présence plus imposante que celles de nombreuses églises paroissiales anciennes de l’île.

Le raffinement de ses espaces intérieurs, allié à un extérieur d’inspiration géorgienne et néoclassique, contribue largement à l’élégance et à la solennité qui s’en dégagent.

Par ailleurs, l’église se distingue par la solidité de sa construction. Elle a notamment résisté au violent ouragan de 1831, une prouesse remarquable à une époque où nombre d’églises de la Barbade subirent d’importants dégâts, voire furent totalement détruites.

L’horloge qui orne aujourd’hui la tour de l’église a été ajoutée au XXIe siècle. Il s’agit d’un généreux don d’une valeur d’environ 25 000 dollars américains, offert par un grand magasin local, Cave Shepherd  & Co. Ltd., témoignant de l’attachement durable de la communauté à cet édifice historique.

UNE CASE D’ESCLAVES

Bridgetown – bâtiments et sites historiques à voir - ville capitale - la Barbade - www.labarbade.com
Vestige sombre du passé colonial

En sortant par la petite porte arrière située à l’est de l’église St. Mary’s Anglican Church, empruntez la première ruelle non bitumée sur votre gauche : il vous mènera à une case d’esclaves datant du XVIIIᵉ siècle.

La seule subsistant à Bridgetown, elle est construite en moellons et date du XVIIIe siècle.  Le toit galvanisé actuel a été ajouté plus tard. Le toit d’origine était très certainement en bardeaux. 

Bien que l’identité de ses anciens résidents demeure inconnue, cette case aurait servi de logement à la famille d’esclaves qui travaillait pour la famille de la grande maison, actuellement démolie, qui donnait sur la rue. 

Bien que l’identité de ses anciens résidents demeure inconnue, cette case aurait abrité une famille d’esclaves au service des propriétaires de la grande maison, aujourd’hui démolie, et qui donnait sur la rue. D’après les rumeurs, les âmes tourmentées de ses anciens habitants hanteraient encore les lieux.

EXCHANGE MUSEUM

Bridgetown – bâtiments et sites historiques - ville capitale - la Barbade - www.labarbade.com
La banque centrale reflétée sur la façade miroir de l’Exchange Museum

Discrètement niché derrière une petite place à l’arrière de St. Michael’s Cathedral, l’Exchange Museum est un trésor architectural et historique souvent méconnu. Le bâtiment qui l’abrite date du 18ème siècle et a connu plusieurs vies au fil des siècles.

De 1733 à 1871, il hébergea Harrison Free School, une école publique gratuite pour garçons, fondée grâce à un legs de Thomas Harrison. Cette institution évoluera plus tard pour devenir le prestigieux Harrison College, qui, en 1980, ouvrira ses portes aux filles, devenant ainsi un établissement mixte.

Après la délocalisation de l’école, le bâtiment servit de siège aux loges des francs-maçons anglais et écossais, de 1871 jusqu’en 2005. Il fut ensuite acquis par la Barbados Central Bank, dont le siège est situé en face.

Bridgetown - la Barbade - www.labarbade.com
Tom Adams Financial Centre, le siège de la banque centrale de la Barbade

En 2018, la banque entreprit une restauration complète du site pour y inaugurer l’Exchange Museum, un centre patrimonial à la fois pédagogique et immersif.

Réparti sur trois étages, le musée se veut, selon ses propres mots, « un lieu de mystère et de découverte ». Il propose des expositions interactives de pointe retraçant l’évolution des échanges commerciaux, du système bancaire et de l’économie à Bridgetown et à la Barbade. Il explore également les origines de l’éducation sur l’île ainsi que l’histoire de la franc-maçonnerie locale.

Au rez-de-chaussée, une galerie d’exposition enrichit régulièrement l’offre du musée, en proposant des contenus culturels et historiques renouvelés, dans un espace moderne et engageant.

MONUMENT TO THE BARBADIAN FAMILY

Bridgetown – bâtiments et sites historiques à voir - Bridgetown - la Barbade - www.labarbade.com

Le 28 novembre 2023, alors que la Barbade s’apprêtait à célébrer le 57ᵉ anniversaire de son indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne 2 jours plus tard, le gouvernement a inauguré un nouveau monument.

Érigé sur l’ancien site de Trafalgar Square, où la statue de l’amiral Lord Nelson trônait entre 1813 et 2020, le lieu fut rebaptisé Heroes Square en 1999, marquant un tournant symbolique dans l’histoire nationale. Désormais, c’est le Monument to the Barbadian Family (Monument à la famille barbadienne) qui occupe cet espace historique.

Conçu par les architectes Hugh HOLDER et Vincent JONES, ce monument est une fusion innovante de béton et d’acier Corten, un premier pour l’île, et connu pour sa durabilité et son faible entretien.

Selon M. HOLDER, « Le monument emmène le spectateur dans un voyage de presque 400 ans, commençant avec nos ancêtres qui ont lutté pendant 200 ans pour briser les chaînes de notre passé oppressif, un message que l’on retrouve à chaque extrémité du monument ».

À ses deux extrémités, des personnages enchaînés évoquent les siècles d’esclavage qui ont marqué l’île. Pourtant, les manilles rompues symbolisent la résilience, la détermination et la force des familles barbadiennes ancestrales. Un motif de maillons de chaînes brisés orne également le sol, accentuant cette rupture avec le passé. La statue centrale, située entre les manilles, représente la famille barbadienne moderne : une forme abstraite d’individus unis, émergeant ensemble en tant qu’entité collective.

Le monument comprend aussi 11 stèles verticales, chacune dédiée à un héros national de la Barbade. Ces plaques contiennent des informations fascinantes sur ces figures emblématiques et leur contribution à l’histoire de l’île.

Parmi ces héros, on retrouve le phénomène global qui est Rihanna, et l’ancien jouer de cricket reconnu comme le meilleur au monde à son époque, le légendaire Sir Garry SOBERS.

Au sommet des manilles, sont inscrits les mots « Inspired, Exulting, Free » (inspiré.e, exultant.e, libre), tirés de l’hymne national. Ils rappellent à chacun l’importance de la liberté que nous célébrons aujourd’hui, tout en nourrissant l’espoir d’un avenir encore plus lumineux.

Ces 6 monuments et sites historiques ne sont que quelques-uns qui parsèment la ville. Qu’ils vous inspirent à aller au-delà des plages et des paysages lors de votre visite. En effet, ils vous invitent à une autre découverte de l’île. Accessibles, chargés d’histoire et riches en émotions, ils méritent une place de tout tour de la ville capitale de Bridgetown ou. Parcourez-les à votre rythme et laissez chaque lieu enrichir votre expérience de voyage.

Droits d’auteur ©2026, La Barbade. Tous droits réservés.